dimanche, avril 24, 2005

Kung Fu Hustle!

Hier j'ai été voir Kung Fu Hustle (VO.: Gong Fu) de Stephen Chow (Shaolin Soccer), film venu tout droit de Hong Kong (où il détient présentement le titre du film ayant récolté le plus d'argent au box-office, de tous les temps, tout juste après le précédent film de Chow).


Cette comédie raconte l'histoire d'un couple de propriétaires d'appartement dans un disctrict pauvre d'un Shangai des années 1940 qui se voient soudainement attaqués par la plus dangereuse mafia du coin, la Axe Gang ("la bande des haches", puisque ceux-ci ont comme armes de préférence des haches bien aiguisées) suite à une malencontreuse bagarre avec deux jeunes aspirant faire partie de l'horrifiante gang.



Je dois dire que je m'attendais à un film bien et que je me suis ramassée à écouter un film très bien et même très bon, à mon humble avis. Kung Fu Hustle est un film fabuleusement imaginatif, qui rallie humour asia-style à de l'action magnifiquement bien chorégraphiée.

Le film (d'une heure et demie, qui passent très vite) a dû être un vrai effort d'imagination pour les scénaristes (ils sont quatre, dont Stephen Chow) et le spectateur ne peut être que surpris à chaque nouvelle ingéniosité du réalisateur. Les codes du cinéma asiatique ne sont pas les mêmes que ceux du cinéma américain et occidental en général, même s'il y a une tendance évidente à l'osmose. Ces différences se voient du côté créatif de façon à ce que, en général, pour le film américain, l'inventivité passe par exemple par la création de nouveaux mondes (cités futuristiques, mondes parallèles fantastiques) ou de nouveaux types de créatures. Alors que du côté asiatique, souvent, on joue avec la nature même des choses, même les plus banales (cela a sûrement un lien avec le côté très contemplatif de leur culture). Ainsi dans Kung Fu Hustle, deux musiciens sont employés pour tuer des maîtres de Kung Fu grâce aux notes qu'ils peuvent produire avec leur pseudo-harpe (l'instrument a certainement un nom, mais ma pauvre culture musicale ne saurait le trouver). J'imagine trois secondes le travail d'écriture scénarique que cela nécessite;

«L'homme assit sous un arbre gratte de ses longs doigts les cordes de l'instrument dont une gamme de notes s'échappent, puis après un silence, il recommence. Coolie marche sur le sentier au devant de cet homme, lui tournant le dos et à chaque fois qu'un air de musique se fait entendre des feuilles de bambou tombent, comme coupées par une lame invisible. Après quelques reprises de ce manège, c'est un chat que l'on voit bondir d'un toit puis se sectionner en deux morceaux, encore suspendu dans l'air. Coolie se retourne, entend une dernière gamme et sa tête se sépare de son corps pour aller rouler sur le sol.»
Cela doit quand même être une épreuve, pour présenter à son producteur. Et ce n'est qu'un exemple dont le film regorge et qui nous surprend à chaque fois. Souvent, cette créativité sert à la comédie: l'humour du film n'en est certainement pas un que l'on peut qualifier de fin, mais il est tout de même bien efficace. À noter aussi la quantité de clins-d'oeil à des classiques du cinéma.



Un autre aspect très marquant de ce film est, comme je le mentionnais, son aspect très chorégraphié. Il est remarquable de voir, surtout au début du film, la façon propre à chacun des personnages de se mouvoir, ainsi que chacune des fois où la Axe Gang, légions d'hommes tout en noir une hache à la main, apparaissent comme sortis de nul part. Les scènes de batailles sont certainement époustouflantes, même pour les gens comme moi qui ne sont pas nécessairement de grands fans de films d'arts martiaux. À noter d'ailleurs que le nom «arts martiaux» est un témoignage du status qu'ont ces types de sports dans leurs pays d'origine et qu'il est donc, à mon avis, très prétencieux de la part de critiques ou de la population en général de dénigrer sans autre raison les films asiatiques fortement portés vers les arts martiaux, comme il l'a été fait à la sortie de ce Kung Fu Hustle.



Finalement, un film à voir pour se rafraîchir, surtout quand notre imagination est à zéro, ou tout simplement pour rire quand la température de Montréal en fin avril nous déprime... ;-P